Les erreurs qui coûtent le plus de visibilité à un site WordPress sont rarement spectaculaires. Ce ne sont pas des pénalités de Google ni des attaques : ce sont des réglages oubliés, des pages écrites trop vite, des changements faits sans mesurer leurs effets. Voici celles que je croise sur les sites de TPE et de blogueurs, dont plusieurs que j'ai commises ou évitées de justesse sur mes propres sites.
1. Le site demande à Google de ne pas l'indexer
WordPress a une case, dans Réglages > Lecture, qui demande aux moteurs de recherche de ne pas indexer le site. Elle est souvent cochée pendant la construction, pour que le chantier n'apparaisse pas sur Google, puis oubliée à la mise en ligne. Le site est public, il fonctionne, et Google le laisse de côté.
La vérification prend dix secondes : décochez la case si elle l'est. Le même problème existe page par page : une extension SEO peut exclure une page des résultats avec une balise « noindex ». Dans la Search Console, le rapport Pages liste les pages exclues de cette façon ; aucune page importante ne doit s'y trouver.
2. Personne n'a accès à la Search Console
Beaucoup de TPE n'ont jamais ouvert la Search Console, ou l'accès est resté chez l'agence qui a créé le site. Or c'est le seul endroit où Google dit ce qu'il pense de votre site : les pages qu'il indexe, celles qu'il écarte, les recherches sur lesquelles vous apparaissez. Sans elle, toutes les autres corrections se font à l'aveugle. Si vous partez de zéro, mon guide pour débuter avec la Search Console explique la mise en place.
3. Des titres de page qui ne disent rien
Le titre d'une page (la balise title) est le texte bleu affiché dans les résultats de Google. Sur beaucoup de sites vitrines, il vaut « Accueil », « Services » ou « Mon entreprise ». Google ne sait pas pour quelle recherche montrer la page, et l'internaute ne sait pas pourquoi cliquer.
Un bon titre dit ce que vous faites et où : « Plombier à Lille : dépannage et installation | Nom de l'entreprise » en dit plus que « Accueil | Nom de l'entreprise ». Chaque page doit avoir le sien, différent des autres. Toutes les extensions SEO permettent de le régler page par page ; si vous hésitez entre elles, je les compare dans cet article sur les extensions SEO.
Même logique pour le contenu : une page « Nos services » qui liste huit prestations en trois lignes chacune a peu de chances d'apparaître sur l'une d'elles. Une page par service important, qui répond aux questions d'un client, fonctionne bien mieux.
4. Plusieurs pages qui visent la même recherche
C'est l'erreur typique des sites qui publient depuis longtemps, et des blogs en particulier. Au fil des années, on écrit deux, trois articles sur des sujets voisins. Google ne sait pas lequel montrer, il les alterne ou n'en garde aucun, et aucun ne s'impose.
Je suis en train de traiter ce problème sur nomadesurrails.fr, mon blog de voyage en train qui compte une centaine d'articles. Exemple réel : un article sur les cerisiers en fleurs au Japon n'était pas indexé, parce qu'il recoupait un article plus large sur le Japon selon les saisons. Je l'ai fusionné dans l'article le plus complet et j'ai redirigé l'ancienne adresse en 301 (redirection permanente, qui transmet les visiteurs et les liens vers la nouvelle page). Je fais de même pour les autres articles faibles qui se marchent dessus.
Pour repérer ce cas, ouvrez le rapport Performances de la Search Console, filtrez sur une requête qui compte pour vous, puis regardez l'onglet Pages. Si plusieurs de vos pages se partagent les impressions sur cette même requête, c'est le signe qu'elles se font concurrence.

5. Des images trop lourdes et sans dimensions
Le poids des photos est le premier problème de vitesse d'un site vitrine : une photo de plusieurs mégaoctets sortie du téléphone, posée telle quelle en haut de la page d'accueil, ralentit tout le reste. Je détaille les bons réglages dans mon article sur l'optimisation des images.
Moins connu : une image sans dimensions déclarées (les attributs width et height) fait sauter la page pendant le chargement. Le navigateur ne sait pas quelle place lui réserver, affiche le texte, puis le décale quand l'image arrive. Google mesure ces décalages avec un indicateur appelé CLS (Cumulative Layout Shift).
Je l'ai constaté sur ce site même. Le 8 octobre 2026, PageSpeed Insights donnait à un article du blog, sur mobile, un CLS de 0,18, au-dessus du seuil de 0,1 que Google considère comme bon. Cause : ses images n'avaient pas d'attributs width et height. Après ajout des dimensions, le CLS est tombé à 0 et le score est passé de 83 à 91. Pour mesurer vos propres pages, voyez comment lire PageSpeed et Lighthouse.
6. Des redirections faites trop vite, ou pas faites du tout
Lors d'une refonte, les adresses des pages changent souvent. Sans redirection, les anciennes adresses tombent en erreur 404 : les visiteurs qui arrivent par Google ou par un lien trouvent une page vide, et la page perd l'ancienneté qu'elle avait acquise. Chaque ancienne adresse doit rediriger vers la nouvelle en 301, et en un seul saut : une redirection vers une adresse qui redirige elle-même vers une troisième ralentit tout le monde, Google compris.
L'erreur inverse existe aussi : rediriger une adresse sans savoir qui l'utilise. En octobre 2026, j'ai déplacé le blog de seopress.host vers jeremiesamson.fr : 30 articles, chacun redirigé en 301, en un seul saut, vers la même adresse sur le nouveau domaine, et vérifié adresse par adresse. Dans la foulée, une page de l'ancien site, le guide de migration, a été redirigée elle aussi. Or l'espace client de l'hébergement renvoyait encore vers elle : la redirection aurait cassé le parcours des clients. Je l'ai rétablie. La leçon : avant de rediriger une adresse, faites l'inventaire de tout ce qui pointe vers elle (vos menus, vos e-mails, vos outils, vos partenaires). Toute la démarche est dans mon guide pour migrer WordPress sans perdre son référencement.
7. Des pages isolées
Une page vers laquelle aucune autre page du site ne fait de lien est difficile à trouver, pour vos visiteurs comme pour Google. Le cas classique : un article de blog publié, jamais cité ailleurs, qui s'enfonce dans les archives. Ou une page de service importante accessible seulement depuis un sous-menu.
La correction est simple : depuis vos pages les plus visitées, faites des liens vers les pages que vous voulez mettre en avant, avec un texte de lien qui dit de quoi parle la page cible. Pour les blogs, j'en ai fait un article entier : le maillage interne sur WordPress.
Par où commencer
Ces erreurs ne pèsent pas toutes le même poids. Un site exclu de Google (erreur 1) rend tout le reste inutile : c'est la première chose à vérifier. Viennent ensuite la Search Console, puis les titres. La concurrence entre pages, les images et le maillage se traitent dans un second temps, page par page.
Vous pouvez faire une bonne partie de ces vérifications vous-même avec ma checklist d'audit SEO gratuit. Si vous préférez un état des lieux complet, avec des corrections classées par priorité, l'audit SEO technique commence à 800 € pour un site de moins de 50 pages. Et pour que ces erreurs ne reviennent pas au fil des mises à jour et des nouvelles pages, le suivi SEO mensuel s'en charge, dès 100 € par mois pour une TPE et 390 € par mois pour un éditeur. Si vous enchaînez sur le suivi après un audit, le premier mois est offert.
